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Estivale Open Air/Estavayer-Le-Lac
07/02/2017
Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra
Théâtre du Chochetan, Monthey:
http://www.crochetan.ch


Tickets:
http://www.booking-corner.com


On dit que la vie est comme un bon film : pleine de rebondissements imprévisibles et dénouements inattendus. Exactement comme cette histoire que nous avons l’intention et le désir de vous raconter ...Mais comment vous la raconter pour qu’elle ne soit ni trop longue, ni trop courte ? Un défi difficile. Un vrai chalenge.... Le groupe Zabranjeno pušenje (No Smoking Orchestra) est apparu sur la scène au moment où le rock en Yougoslavie de Tito entre dans la troisième décennie de son existence. Il paraît que Tito, selon les dires des personnages du film ‘Super 8 Histoires ’, voulant montrer à l’Ouest que la Yougoslavie n’était pas comme les autres pays du camp communiste, a laissé faire et jouer le rock en autorisant qu’il se développe sous contrôle, d’où le fait que les gars de Zabranjeno pušenje était déjà la troisième génération qui faisait ce genre de musique. Mais, comme c’était le cas des autres pays de l’Europe de l’Est, Yougoslavie comprise, le rock’n’roll était une occupation marginale, très souvent en conflit ouvert avec la nomenclature politique et culturelle et un certain nombre de groupes et d’auteurs ont été souvent punis par une, pour ainsi dire – “mise en placard “, une isolation totale, ignorés exprès par les médias, stigmatisés comme ennemis d’état socialiste et autogestionnaire.. Zabranjeno pušenje était un de ces groupes bannis...

Avec la mort de Josip Broz, en mai 1980., le rock prenait un caractère d’opposition plus prononcé et il y avait de plus en plus d’auteurs qui chantaient directement - ne passant plus comme avant par les sous-entendus - des problèmes sociaux et politiques auxquels le pays a été objectivement confronté. C’était l’époque où le punk et la nouvelle vague en provenance de l’Ouest sont entrés par la grande porte en Yougoslavie et cette démocratisation « du son » a eu comme résultat la hausse soudaine du nombre des groupes ce qui a été, d’ailleurs, le cas partout à travers le monde entier. Sarajevo représentait un milieu séparé, à l’écart des grandes routes et de grands centres médiatiques de l’ex-fédération. Par conséquence, tout ce qui venait de l’Ouest passait à travers une sorte de filtre avant de « prendre » et avant d’être accepté par des gamins dans cette ville.
 
À la différence de Belgrade, de Zagreb et de Ljubljana, où la nouvelle vague et le punk ont donné la naissance d’un grand nombre de groupes dont la plupart calquaient des idoles de l’Ouest, à la différence de Zabranjeno pušenje et encore quelques groupes de Sarajevo qui ont trouvé « sa réponse » au punk et à la nouvelle vague, en créant un mouvement ironique et satirique qui n’était pas sans verve caustique envers le monde politique du pays, et le nom qu’on a donné à ce mouvement était : New Primitivs.

À peu près en même temps, au début des années 80, jeune metteur en scène de Sarajevo, Emir Kusturica a débuté en tournant son premier film (Te souviens-tu de Dolly Bell) et en obtenant son premier prix important à Venise. Le langage de ce film, sa composition, son aspect pictural et esthétique aussi bien que la force des émotions, ont été, plus ou moins, semblables aux chansons de Zabranjeno pušenje.
En été 1984., le Groupe sort son premier album et grâce à un mégatube et au fait que le chanteur Dr Nele Karajlić est un des protagonistes du télé show satirique et très populaire « Top lista nadrealista », devient un des groupes du rock le plus réussis de cette année. Le groupe des jeunes hommes qui n’avaient pas d’ambition d’être très populaire, en quelques mois seulement a passé le chemin de leur caves et garages ou ils répétaient jusqu’aux grandes salles de toute la Yougoslavie et il était vraiment difficile de trouver les billets pour leur concerts. Il paraissait que plus rien ne les arrêterait sur leur chemin vers la gloire. Mais, comme ça se passe souvent dans la vie (ou dans un bon film), il arrive un rebondissement imprévisible. Leur frontman n’ayant pas la bouche cousue, leur critiques à l’encontre du pouvoir et le gouvernement, leur manque d’habilité de gérer les médias et la musique qui n’était pas véritablement destinée à un publique très large, mais plutôt tournée vers une jeunesse « consciente », étaient en disproportion avec les grandes salles où ils ont joué. La même chose pour les présentations aux heures de grande écoute à la radio et à la télévision, leur photos sur les premières pages de journaux qui avaient peu en commun avec la musique en général, etc. Ce malentendu a très vite culminé par un incident, probablement un des plus importants de l’histoire du rock de cette région : Le chanteur Nelle (« Nélé ») a été accusé à un des concerts, d’avoir insulté le défunt Tito (ce qui a été absolument le sujet tabou même pour les penseurs
les plus libéraux du pays). Les médias se sont roués sur le Groupe et aussi vite qu’ils ont grimpé les listes des mégatubes, ils ont été aussi vite évincés. Les concerts ont été annulés un par un et les attaques n’ont cessées qu’au moment où cela était évident que le Groupe n’aurait aucune chance de se relancer vers les hauteurs où ils étaient auparavant.
L’Empire les a attaqués à son tour.

Le groupe enregistre son deuxième album en 1985. Grâce aux événements mentionnés ci-dessus Zabranjeno pušenje fait son retour sur la scène qui leur appartenait en vérité – dans les clubs de la musique alternative ayant comme public les gens qui partageaient leur avis et dont le nombre était en assez restreint. « Bienvenue à la maison » était le slogan d’un concert dans une salle qui peut recevoir 500 personnes. Entendre à cette époque une de leur chansons à la radio était tellement impossible comme la probabilité de trouver une aiguille dans une botte de foin. Eux, en effet, n’existaient pas ni pour les médias ni pour tous ceux qui appartenaient à l’oligarchie culturelle au pouvoir. Il allait de soi qu’après une telle baisse de tirage, de faibles présentations, la crise économique a donné comme résultat l’éclatement du groupe : le départ de la moitié de ses membres. Ainsi seulement la racine de Zabranjeno pušenje, comme « noyau » est resté. Mais, à ce moment-là comme dans chaque bon film, la roue a tourné et un rebondissement se passe.

Cette année-là, 1985., encore jeune metteur en scène Emir Kusturica gagne son deuxième prix d’académie de Cannes pour le film « Papa en voyage d’affaires ». Après son retour de l’étranger au début de 1986, il décide de joindre les autres juste au moment où le groupe reste sans guitare basse. Le nouveau bass guitariste a bien « appris la leçon », assimilé les connaissances nécessaires et c’est effectivement le troisième album de Zabranjeno pušenje qui a été enregistré avec Emir en 1987 avec beaucoup plus d’élan que quelques années auparavant. Même si les contraintes du régime communiste ont doucement commencé a se relâcher en face de la nouvelle époque, le pluralisme d’avis était en train de faire son entrée par la grande porte et que le groupe a été malgré l’autorité indéniable d’Emir, tenu à distance et l’écart des heures de grande écoute dans les médias électroniques. Un bon exemple du contrôle d’action de Zabranjeno pušenje est un vidéo clip réalisé pour une des chansons de ce troisième album, qui a été mis en scène par Emir Kusturica, est qui est resté pour toujours dans les tiroirs de la Télévision Yougoslave. Jamais diffusé....

Après la tournée, Emir retourne à l’art cinématographique et son nouveau film « Le temps des gitans », mais il reste, comme les autres membres du groupe aiment le dire en riant, le membre «par correspondance » du groupe.
Il faut attendre 1989. et 1990. quand le groupe va reprendre la place au sommet du rock yougoslave, la place qu’il avait il y a 5-6 ans. L’ancienne structure sociale perdait la bataille avec une vraie vague de démocratisation et les textes du groupe écrits quelques années auparavant ont commencé à gagner de l’importance devenant plus actuels et mieux compris. Il paraissait que, de nouveau, rien n’arrêterait ce groupe dans cette ascension vers le sommet.

Pourtant, encore une fois, comme au cinéma, les choses vont prendre une tournure imprévisible dans cette histoire courte et passionnante de Zabranjeno pušenje, et un nouveau rebondissement arrive. Les choses vont mal partir et à la fin d’un régime avec toutes ses fissures, défauts et maladies, ont fait déclencher l’avalanche du mécontentement nationaliste et de la haine interethnique entre les communautés en ex –Yougoslavie faisant en sorte que la tournée de Zabranjeno pušenje, du début des années 1990. est pratiquement la dernière grande tournée d’un groupe quelconque dans la Yougoslavie de cette époque-là.
La guerre s’approchait et Zabranjeno pušenje avait des membres de différentes communautés ethniques et ils étaient tous dans la ville qui est l’épicentre des événements dramatiques du début des années 90. Ainsi, le groupe s’est dissipé, comme le pays dans lequel il a été crée.Une partie du groupe est resté à Sarajevo, avec Sejo Sexon (Davor Sucic) comme chef de filière et l’autre partie a choisi Belgrade avec son leader et chanteur Dr Nelé Karajlic.

Il fallait attendre trois ans pour que Nelé et son frère Dralé qui était avec eux depuis des origines, relancent le groupe à nouveau. Cette fois-ci, dans la mini – Yougoslavie, dans les conditions qui globalement n’étaient pas idéales. La notoriété du Groupe, grandissait d’un jour à l’autre, car tous les pronostiques annoncés à travers leur chansons et le télé show intitulé « Top lista nadrealista », devenaient la réalité et certaines de leur chansons écrites au milieu des années 80, sont devenues d’une incroyable actualité. Maintenant leur «message » est devenu accessible et compréhensible pour tous. Le groupe devient l’un de ceux avec qui les générations grandissaient et pour le groupe c’était ‘le sommet’ du possible et réalisable. Entre temps, Emir a réalisé son film « Arisona dream » avec lequel il a eu son nouveau prix (à Berlin) et juste après son film « Underground » qui lui a apporté la deuxième Palme d’or à Cannes. La notoriété grandissante du groupe atteignit les grands stades. Avec Nelle et son frère (Dralle), Goran Jakovljević rejoignent le groupe pour quelques années, ensuite le bassiste Glava Markovski (encore dans le groupe), le violoniste Dejan Sparavalo, qui a joué un rôle du premier plan sur le violon (dernier album avant la guerre) et qui influencera par la suite le son du groupe.

Puis, le fils d’Emir, Stribor Kusturica comme batteur (forte imagination) pour qui une plaisanterie disait : « qui l’était le pur produit de l’école des juniors de Zabranjeno pušenje. Après la grande tournée, le groupe enregistre son premier album d’après — guerre en 1997, album qui surpasse de loin le tirage des précédents et lance le groupe définitivement parmi les meilleurs groupes de la ‘grande’ ex-Yougoslavie. Mais comme l’intrigue d’un bon scénario, notre histoire comporte à nouveau sa complication et son dénouement.

Au moment où le dernier album était en chantier, Emir commence son nouveau film (Chat noir -Chat blanc ) et engage Nelle et Dejan Sparavalo pour la musique du film. Encore ‘échaudés’ par le travail sur l’album, avec l’appui de tout le groupe et spécialement de producteur Vojislav Aralica, ils démarrent l’enregistrement, en commencant par la chanson qui sera plus tard intitulée ‘Bubamara’ (Coccinelle) et puis, ils attaquent le ‘techno’ hit nommé “Pit Bull’. ‘Emir avait diverses et nombreuses exigences’, disait Nelle. Et ça allait à partir des chansons tziganes classiques, à travers tango, musique de variété jusqu’à la techno. Ce labyrinthe des styles et mélange de différentes influences musicales ; idées et instruments ouvrent de nouveaux appétits et aspirations à toute l’équipe. ‘On avait l’impression que quelqu’un ouvrait une fenêtre dans une pièce pleine de fumée.’ Elle était comme ça la musique pour ce film et bande sonore qui peu de temps après (1998) parut chez Commune et Universal. Elle était originale et fraîche, envoûtante par absence de prétention et son charme. Les nouveaux horizons étaient ouverts.
En février 1999, la société Edison et Andrea Gambetta, son président ont organisé à Parmes (Italie), une rétrospective des films d’Emir Kusturica, et dans ce cadre ils ont invité Zabranjeno pušenje pour quatre concerts. Au bout de 20 heures et dans un combi, le groupe est arrivé en Italie et puis, les quatre concerts qui suivaient était le véritable chaos et l’apothéose en même temps. ‘Pour tout le monde, le succès de ces concerts n’était pas en question. Nous étions toujours les plus forts – sur scène !’ Emir à nouveau entre dans le groupe, cette fois-ci en qualité de guitariste. À la fin de cette tournée, Gambetta propose une grande tournée estivale à travers l’Italie. Les choses commencent à se dérouler d’une manière très positive.

Mais, nous remarquons dans notre petite histoire de Zabranjeno pušenje, que beaucoup de choses dépendent étroitement de paramètres extérieurs. Au moment où le groupe retourne en Yougoslavie et Emir sur le tournage de son nouveau film au Canada, éclate la nouvelle guerre. Cette fois-ci, les forces de l’OTAN bombardent la Yougoslavie et la situation, vue des abris belgradois ne paraît guerre rose pour nos musiciens. Cependant, rien ne pouvait empêcher les préparatifs pour la tournée estivale. Emir se prépare au Canada en jouant la guitare sur les notes qui lui sont parvenues par le fax et le groupe s’élargit en incluant les nouveaux membres : Nenad Petrović (saxophone); Zoran Milošević (accordéon); Nenad Gajin Coce (guitare) ; Aleksandar Balaban (trompette). ‘À cause de nombreuses coupures de courant, pendant le bombardement, nous étions obligés d’inviter dans le groupe les gens qui jouent essentiellement les instruments acoustiques.’ dit Dejan en plaisantant. La vérité est tout autre. En introduisant les instruments acoustiques, de provenance ‘folk’, comme trompette et harmonica, avec la manière de jouer ‘jazz’ de Nenad Petrović sur saxophone, nous avons gagné cet immense espace justement dans l’opposition envers une formation rock classique, à savoir : deux guitares, batterie, basse, instruments à clavier. Et si on ajoute encore le violon, pour mélanger les styles, on obtient des immenses possibilités de combinaisons, quelque peu comme le nombre de mouvement possibles dans une partie d’échec. Vers la fin du bombardement (quelle coïncidence), le groupe passe en Grèce sur l’île de Corfou, comme l’armée serbe dans la Grande Guerre 14-18, pour y finaliser les préparatifs de cette tournée estivale italienne. Le concert humanitaire d‘Athènes, organisé par le journal grec ‘Elefterotipija’ était, à vrai dire, le tout premier concert de l’ensemble avant la nouvelle tournée. ‘La manière de jouer permettait à une partie d’équipe de faire connaissance avec l’autre. Avant de commencer, nous nous sommes salués les uns avec les autres en montant sur la scène.’ Emir est arrivé du Canada, il a pris sa guitare en joignant les autres.

La tournée qui a commencé par la suite a été intitulée ‘dommages collatéraux ‘(‘effeti colaterale’, en italien) et le groupe a été baptisé : Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra. Sur les concerts à travers toutes les grandes villes italiennes, le groupe promeut son approche à la musique, charmante, envoûtante, gaie, sans prétention, non dépourvue d’émotions fortes et retournement inattendu qui rappelle indubitablement les films d’Emir Kusturica.
Après cette tournée italienne, commence une vraie avalanche. Le groupe gagne L’Islande, puis Grèce, Pologne, Allemagne... ensuite après le concert de Festival ‘Transmusicales » à Rennes, le groupe négocie définitivement la sortie de son nouvel album pour Universal.
En avril 2000 se termine l’enregistrement de l’album ‘Unza Unza Time’ et ce nom découle du style de la musique qu’ils jouent. Stribor a trouvé ce nom, en faisant allusion au son guitare (rythme) au moment où cet instrument joue d’une manière accélérée du pas appelé : deux quarts de ‘kolo’ Serbe (danse populaire Serbe très accélérée). Ce rythme, avec cette version balkanique de rumba devient les atouts les plus forts de la musique de dance qui ne laissent personne indifférent. ‘Il n’y a pas de jambes qui ne commencent à bouger’.

‘Unza Unza Time’ représente une étude et une vision, de ce qu’ils ont joué pendant toute cette année 1999, avec quelques chansons qui étaient spécialement préparées pour cet album. Le producteur était à nouveau Voja Aralica et la tournée commence avec deux nouveaux membres : Dragan Radivojević nommé Lav (Lion) comme preneur du son et Dragan Teodorović nommé Zeko (Lapin) comme ‘backliner », qui était avec le groupe, il faut le dire, depuis la lointaine 1985.

Après la sortie de l’album ‘Unza Unza Time’ démarrent les nouvelles tournées, cette fois-ci en collaboration avec la production française ‘Yapucca’. D’abord la France, où nous voyons pour la première fois le groupe à l’Olympia, puis suivent Italie, Portugal et Allemagne. Après les premières performances ‘trébuchantes’, le groupe s’est transformé en une machine puissante où le public était en sueur et perdait des kilos. Les performances ‘live’ sont devenues une ‘bombe nucléaire’ du groupe.

Andrea Gambetta propose à Emir Kusturica, lors de la tournée estivale, l’enregistrement d’un documentaire sur le groupe qui parcourt l’Europe, mais qui n’a rien à voir avec les clichés sur la vie et le travail des grandes stars du rock. Loin de la formule ‘Sex, Drugs’ and Rock’n’Roll’, nous avons ici l’histoire d’un pays malheureux, d’une époque sombre, remplie de mauvaises expériences et des musiciens qui se sont retrouvés, sans le vouloir, au croisement des ‘vents historiques’.

Trouvant l’inspiration dans les enregistrements des années 60, Emir part pour une nouvelle aventure artistique. Il tourne un documentaire sur les membres du groupe en utilisant les enregistrements digitaux et en les combinant avec le vieux format dit ‘super 8’. Ainsi, ce documentaire a été baptisé ‘Super 8 stories, by Emir Kusturica ». En dépassant vite son objectif — le projet prévu pour être diffusé à la télévision, il devient un documentaire pour le cinéma. Et pour la première fois, le documentaire a été présenté au festival de Berlin 2001 et puis, il a été diffusé partout dans le monde.
À la fin de 2001, après avoir subi des changements dans le groupe – le départ de Balaban (trompette) et l’arrivée de son remplaçant, Goran Popović Pop et de Čeda „the Guru “ Marjanović (percussions), le groupe part en tournée en Amérique Latine. Et là-bas, l’accueil a été incroyable... On dirait – le vrai coup de foudre. Au lieu d’avoir deux concerts prévus à Buenos Aires, le groupe, vu que l’intérêt était énorme, en a eu pas moins de cinq. Après la tournée, au mois de novembre, Emir tourne un nouveau film et le groupe reste à sa disposition. Nelle et Stribor ont des rôles, Dejan a composé la musique avec Emir et le groupe joue dans le film.

Au printemps 2004, ‘The No Smoking Orchestra’ se réunit a nouveau pour promouvoir le tout dernier film, intitulé ‘Life is a miracle’ et son soundtrack (bande sonore). Lors de l’enregistrement et après, en tournée, Ivan Maksimović, grand guitariste très expérimenté, rejoint le groupe remplaçant ainsi Nenad Gajin
qui voulait complètement se dédier au jazz. Le groupe compte de plus en plus de pays à sa liste et par conséquent, leur présentations deviennent de plus en plus ‘explosives’. Musique de film suit le style de ce que le groupe a fait avant, mais cette fois-ci, ayant acquis plus de force et beaucoup plus de maturité. Les concerts commencent à ressembler aux grands spectacles du cirque. Même dans des espaces les plus stériles, le ‘mur’ entre le public et le groupe tombe juste après quelques minutes de démarrage. La caravane de concert continue et s’ensuivent : Russie, Ukraine, Litvanie, Lestonie, France, Espagne, Portugal, Suède, Suisse, Israël, et de nouveau Amerique du Sud.
Et cet amour fantastique, en dirait ‘d’outre-tombe’ entre les Latinoaméricains et le groupe, il fallait l’éterniser cette fois-ci. Tous les cinq concerts du groupe qui ont lieu en Méxique, Chili, & Argentine, ont été enregistrés. Le matériel enregistré lors du concert de 05.03.2005, effectué dans la salle de Luna Park à Buenos Aires va être choisi (parmi les cinq) comme celui qui va représenter le projet ‘Life is a miracle in Buenos Aires’ en production de Warner Bross et Palass. Le CD et le DVD sortent en septembre de la même année et les tournées s’ensuivent pour la promotion de ce projet.

Ainsi, ayant eu plus de 500 concerts dans une trentaine du pays du monde, ‘Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra’ devrait commencer un nouveau projet en 2007. Comment sera-t-elle maintenant leur musique? Le style, sera-t-il le même, combien de chanson vont-ils faire sortir ? On sait pas encore. La seule chose connue c’est que tout sera, comme auparavant, comme la vie, comme un bon film émouvant bourré de rebondissements imprévisibles et dénouements inattendus.
Permettez-nous, la citation des mots d’un présentateur TV, privé d’imagination : « Par les photographies de ce livre, nous essayerons de vous transmettre au moins un peu d’atmosphère de leur concert’ (il est évident que ce n’est pas possible)... »