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11/06/2017
Big Flo & Oli
Caribana Festival, Crans-près-Céligny:
http://www.caribana-festival.ch


Tickets:
www.caribana.ch/billetterie



Le rap. Un style musical guère épargné par les clichés. Le non initié débarquant dans la jungle du hip-hop aura bien du mal à distinguer le vrai du faux, les gangsters des mythomanes.
Avec Bigflo & Oli, c’est comme un vent de fraicheur qui vient souffler sur un univers crispé. Derrière ces noms de code, deux jeunes frères de 21 et 17 ans. Nés juste après l’âge d’or du rap français, ils découvrent le hip-hop au début des années 2000. Leur ultime référence est un disque sorti alors qu’ils étaient encore gosses : l’album d’IAM L’Ecole Du Micro D’Argent. « On l’avait gravé sur un CD et ça a été la claque internationale », se souvient Bigflo. « On l’a écouté en boucle pendant presque deux ans. Pour nous c’est l’album parfait ».

À côté de leur passion dévorante pour l’art de la rime, Bigflo & Oli ont de solides bases musicales. Ils vont au conservatoire où l’un fait de la batterie et l’autre de la trompette. Atypique pour des MCs, mais tout chez ces rimeurs adolescents est hors format. Bigflo : « On a une mère qui écoute beaucoup de chanson française, un père chanteur de salsa. On écrivait des poèmes, on faisait du rap sans le savoir. Le rap nous a permis de mixer la passion qu’on avait pour l’écriture avec l’amour de la musique. Vu que je faisais de la batterie c’était encore mieux, il y avait toute cette idée de rythmiques et de mots mélangés » se souvient Flo.
Le virus les a atteint, plus de guérison possible. En 2011, alors qu’ils ont déjà multiplié les petits concerts sur Toulouse et sa région, ils s’inscrivent aux Rap Contenders, ces joutes verbales qui ont notamment révélé la clique 1995. « On est des charrieurs dans la vie, on aime bien balancer sur les autres donc c’était parfait pour nous. On y est allé sans arrière-pensées, pour rigoler. Mais c’est vrai que le jour même on était assez stressés. C’était impressionnant ». Nul ne croit en eux, avec leurs têtes de gentils garçons et leur allure fluette. Grosse erreur : les outsiders impressionnent le public avec des textes fins doublés d’un flow assassin. « Au dernier clash vous êtes partis en chialant/ J’ai pas la moitié de leur âge ils n’ont pas le quart de mon talent ». De l’insolence, pas de vulgarité. Les gamins qui, à l’âge de jouer aux billes, se voyaient déjà remplir les Zéniths, comprennent alors que leur rêve est à portée de main, pas si inaccessible. « Dans la foulée des Rap Contenders, on a sorti un premier clip et on s’est dit que si ça atteignait 50.000 vues on ferait une fête. On les a eu en un jour ! Le deuxième clip a fait autant de bruit, et ce sont les maisons de disques qui sont venues, on n’a pas eu à les démarcher. Elles sont descendues à Toulouse pour nous voir ».

Le choix de Bigflo & Oli se porte sur Polydor, qui propose de travailler sur le long terme. Un EP est mis en chantier, ce sera Le Trac, 5 titres pour présenter le duo de rappeurs le plus improbable et le plus talentueux depuis bien longtemps.
Bigflo : « Pour le EP j’ai composé la plupart des sons. Je posais des accords de piano et je faisais une base mélodique. On a travaillé avec Logilo, ensemble on essayait de rendre ça plus gros. Moi j’amène des idées qu’on m’aide à concrétiser ». Des beatmakers américains basés à Brooklyn, Lionshare, viennent se greffer sur le projet. Oli : « Ils sont descendus en studio quatre jours, on a fait des sons ensemble. Avec la trompette j’arrive à bien improviser à l’oreille, alors je donnais des idées de mélodies ».

« On adore raconter des histoires, se mettre dans la peau de personnages. Ça fait forcément penser à des groupes comme NTM et IAM, qui avaient l’habitude de ce genre de choses ». Pour le clip de ce titre glaçant, ils ont obtenu la participation d’un fan, Kyan Khojandi, créateur de Bref. Croisé au Zénith d’Orelsan, Kyan garde le contact avec les deux rappeurs et accepte leur proposition de jouer ce menaçant « Monsieur Tout Le Monde ».

Entre rire et larmes, Bigflo & Oli débarquent avec leurs rimes pêle-mêle et leur désarmante sincérité. De la technique, du feeling, et moins de 40 ans à eux deux. À l’écoute de ce premier EP, c’est une évidence : l’avenir du rap français passera par eux.