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Roni Alter
La Cave du Bleu Lézard, Lausanne :
https://bleu-lezard.ch


Tickets :
https://www.starticket.ch



Parler à celle qui l’a mise au monde, et avec laquelle elle ne parvient plus à communiquer. Conjurer la tristesse d’être loin et la joie de s’accomplir en mélodie. La pop de Roni Alter se nourrit de jazz, des grandes voix de Billie Holiday et d’Ella Fitzgerald, de la fausse innocence de L’Attrape-Cœur de Salinger, de l’inventivité des Beatles, de l’énergie de Beyoncé, des films de Rob Reiner, de la ferveur de Barbara. Ou encore du songwriting ciselé de Keren Ann, marraine bienveillante qui l’a prise sous son aile, rappelant sans cesse les qualités de l’artiste sensible et accomplie qu’est devenue Roni Alter, à la vie déjà bien remplie.

Sa grand-mère chantait dans les opéras polonais avant de devoir fuir pour survivre, avant la Seconde Guerre Mondiale. Installés à Tel Aviv, ses parents sont tous deux artistes : sa mère est actrice, son père compositeur et réalisateur. L’enfance de Roni a été bohème, entourée d’adultes n’ayant de cesse de créer. Il était tout naturel qu’elle le fasse. Elle commence le piano classique à 8 ans, puis rentre dans une chorale de filles. Mais pas n’importe laquelle : comptant près d’une quarantaine d’enfants, elle tourne dans tout le pays et même au-delà des frontières israéliennes. A son entrée au collège, Roni sait déjà chanter sur scène, dans toutes les langues, connaît le rythme des tournées des répétitions sans fin. « La meilleure des écoles pour ma voix », dit-elle, une voix dont l’assurance surprend, même aujourd’hui.
C’est le jazz qu’elle choisit, adolescente, et qu’elle chante pendant de longues années, le temps du lycée, du service militaire et du premier grand amour, qu’elle suit à New York pendant quelques mois. Une fois revenue dans son quotidien, et dans ce qui la passionne le plus, la musique, elle enregistre avec la star de la chanson israélienne, Arik Einstein. Carton plein, tandis qu’elle officie dans un groupe d’électro-pop, Metropolin. Deux albums, beaucoup de concerts, ce qui la conduit à publier un premier album solo en 2010, où elle reprend les grands poètes israéliens comme Nathan Alterman. La presse et le public l’acclament, mais soudain, la peur du manque d’inspiration et, comme elle le comprendra plus tard, son besoin de s’éloigner de sa zone de confort et de ses racines l’incitent à partir.

Avec son amoureux, photographe de mode, elle pose ses valises à Paris. Tout en apprenant le français, elle écrit un autre disque solo, Go Wild. Il paraît en 2014 en Israël, tandis que Roni reste en France, à écrire et à rêver ses chansons. Pourtant, elles sont profondément ancrées dans sa réalité de femme : « Ce que je raconte dans cet album, c’est ce que je suis, d’où je viens, ce que je suis par rapport à ma famille. A l’étranger, je suis une étrangère. » De quoi réaliser l’importance de son père, musicien passionné et fan de sa fille, mais aussi de sa mère, qui, si Roni raconte leur éloignement, pose néanmoins sa voix sur la comptine israélienne « Fragments of a Lullaby »*. L’une des chansons tristes qu’elle chantait déjà à Roni quand celle-ci était petite. Idéale conclusion, le titre éponyme s’avère être une belle déclaration à la fois sentimentale et mélancolique, volontiers détournée par les rythmes plus relevés des titres « Devil’s Calling »,  ou « Once Again ».

Si son album, Be Her Child Again,  puise dans la profondeur parfois tragique des sentiments humains, Roni est connue auprès de ses amis pour ne jamais manquer une blague. Et c’est aussi ce singulier contraste entre son art et son quotidien qui rend sa musique si attachante. Intimes et universelles à la fois, l’album a été réalisé par Clément Ducol (Camille, Vianney), qui a encouragé Roni dans ses explorations électroniques (« The Plague », « I Know ») comme organiques (« Roads With no Name *», « Save me », « Be Her Child Again* »), cultivant des échos tribaux, folk ou jazzy. Le tout saupoudré d’une nuée onirique, qui se révèle d’autant plus sur des mélopées vaporeuses telles « Always Having Fun* » et  « Nail Me To The Ground* ». Le résultat brille d’une pop limpide qui ne demande qu’à être partagée : « A chaque fois que j’écris une chanson, elle semble venir de nulle part. Mais sur scène, elle prend une autre dimension : chanter juste pour soi, ce n’est pas assez ».